
Panocrim 2026, organisé par le CLUSIF au Campus Cyber de La Défense, a réuni le 15 janvier dernier les experts les plus influents du secteur pour décrypter les menaces émergentes en cybersécurité.
Montée des ingérences étrangères, tensions géopolitiques, explosion des usages IA dans les cyberattaques, et professionnalisation accélérée des acteurs malveillants.… Quels sont les impacts pour les organisations françaises ?
Retour sur cet événement cyber incontournable de ce début d’année pour comprendre ces évolutions et mieux vous accompagner dans l’anticipation de vos stratégies cyber.

L’Intelligence Artificielle a fait sa grande apparition du côté des attaquants en 2025 et se présente désormais comme un démultiplicateur d’attaques :
- Un phishing généré par IA est 4,5 fois plus efficace.
- Des agents comme COMET ou ATLAS peuvent être détournés à des fins malveillantes.
- Nouvelles surfaces d’attaque via robots, navigateurs ou outils SaaS.
Si l’IA est une formidable opportunité de gagner en productivité et en efficience, c’est aussi une arme redoutable dans une logique cyber. L’automatisation des attaques et la capacité à attaquer de façon autonome doivent être intégrées dans l’analyse des risques de vos organisations.
Si l’on a longtemps gardé l’image du hacker isolé qui teste de façon désorganisée les différents systèmes d’informations, force est de constater que ce paradigme a bien évolué.
Les cybercriminels de 2025 opèrent désormais à une échelle quasi-industrielle :
- Recomposition des groupes (fausse attribution de Cloudflare ou Naval Group).
- Diffusion d’outils “as a service” (ransomware kits, phishing frameworks).
- Chaînes d'approvisionnement SaaS ciblées comme portes d’entrée.
Ces organisations criminelles fonctionnent avec des rôles définis, des processus éprouvés et une capacité d’innovation continue. Elles capitalisent sur chaque campagne, améliorent leurs tactiques et accélèrent leurs cycles d’attaque. Cette montée en maturité augmente mécaniquement la surface de risque pour les entreprises, en particulier en France, qui figure parmi les pays les plus exposés aux attaques cyber : en 2024, la France se classait au 6ᵉ rang mondial des attaques de ransomware détectées (144 attaques, soit 2,7 % des attaques mondiales).*
L’exfiltration de données s’impose désormais comme un levier central des stratégies d’attaque. Selon le rapport Panorama de la cybermenace 2025 du Clusif, 2,6 milliards de données ont été compromises en France, illustrant une hausse significative des fuites à grande échelle.
Cette dynamique traduit un changement profond : la donnée n’est plus seulement une cible collatérale, mais un actif stratégique au cœur des modèles économiques des cybercriminels. Revente sur les marchés clandestins, chantage à la divulgation, exploitation à des fins d’ingénierie sociale ou d’attaques ultérieures — chaque information exfiltrée alimente un cycle de menace durable. Dans un contexte de généralisation du cloud, de multiplication des interconnexions et de volumes de données toujours plus massifs, la capacité des organisations à détecter, tracer et contenir l’exfiltration devient un enjeu critique, bien au-delà de la seule prévention de l’intrusion.
La sensibilisation constitue un axe incontournable de toute roadmap cyber mature. Les attaques ne ciblent plus uniquement les systèmes : elles ciblent les individus, leurs usages, leurs réflexes et leur capacité à distinguer le légitime du malveillant. Aucune organisation n’est épargnée — collaborateurs, dirigeants, partenaires et prestataires sont tous exposés, quels que soient leur secteur ou leur niveau de maturité technologique.
Le facteur humain demeure en effet impliqué dans 94% des incidents cyber (selon Verizon DBIR 2024 et IBM Cost of a Data Breach 2024), qu’il s’agisse de phishing, d’ingénierie sociale ou de compromissions de comptes. Dans ce contexte, la sensibilisation ne doit plus être perçue comme une action ponctuelle ou purement pédagogique, mais comme un véritable mécanisme de défense, contribuant à la résilience globale des organisations et, plus largement, à la protection du débat public face aux manipulations numériques et aux campagnes d’influence.
Conclusion : s’armer collectivement pour 2026 !
Panocrim 2026 confirme que la cybersécurité ne se limite plus à la technique : elle est géopolitique, cognitive et stratégique.
Le rapport 2025 souligne également un point important : face à la hausse et l’organisation de la menace : nous sommes tous des cibles.
Face à cette complexité croissante, AISI s’engage à accompagner les entreprises et organisations publiques dans la compréhension, la détection et la neutralisation des menaces émergentes. Nos ninjas sont disponibles pour vous accompagner à mieux évaluer vos risques et mettre en place les mesures de protection efficaces pour votre activité.
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* Source : Acronis Threat Research Unit.
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